Les cafés et auberges de Glénic
L'auberge, ce lieu emblématique qui traverse les époques, est bien plus qu'un simple café ou restaurant. C'est un endroit où l'on vient pour se détendre, savourer de délicieux repas et partager des moments uniques. Jadis, ces établissements étaient des lieux de vie où les voyageurs s'arrêtaient pour se reposer, mais aussi où les habitants se retrouvaient pour échanger, rire et créer des souvenirs. Aujourd'hui encore, l'auberge conserve son charme intemporel, offrant une ambiance chaleureuse, une cuisine authentique et l'opportunité de se connecter avec les autres. Que ce soit pour un dîner convivial, une pause café ou une rencontre imprévue, l'auberge reste un symbole d'hospitalité et de convivialité, un véritable havre de plaisir et de découvertes.
Les Cafés et auberges du chêne vert , moulin neuf, le pont, le bourg
Auberge du Viaduc (chênes vert)
l'Auberge du viaduc en 2012 (photo BP)
Achevée en 1869, la maison de Monsieur Jean BARBE âgé de 46 ans, fut d’abord un modeste atelier de tailleur. Artisan de métier, il quitte Villelot pour venir s’installer sur les bords de la Creuse avec son épouse et leurs cinq enfants, faisant construire au lieu-dit le Chêne Vert le tout premier bâtiment en pierre à l’emplacement du futur viaduc. Il s’agissait alors d’une maison simple, sans étage, composée d’une porte et d’une fenêtre. En 1876, Jean BARBE agrandit la demeure en lui accolant, sur la droite, une petite construction dotée d’une nouvelle fenêtre. À l’orée du XXe siècle, l’héritage familial fut alors confié à leur dernier fils, Édouard BARBE, instituteur à Lépaud. Ce dernier choisit de louer une partie de la maison à la famille GRAMPEIX. Jean BARBE, son épouse et un petit-fils venu apprendre le métier de tailleur, à l’image de son grand-père, logèrent jusqu’en 1901 dans la petite maison où Louis GRAVET s’installera plus tard.
Comme bien d’autres habitants du Pont de Glénic, les GRAMPEIX virent dans les travaux du viaduc une opportunité. Profitant de l’afflux d’ouvriers et de voyageurs, ils ouvrirent une auberge dans les murs de l’ancienne maison du tailleur. C’est ainsi que naquit, autour de 1900, la première auberge du viaduc de Glénic. Vers 1903, l’établissement est repris par Pierre PASQUET, qui entreprend d’importants travaux d’agrandissement, ajoutant un étage au bâtiment. Il lui donne une nouvelle vie sous l’enseigne : « Café Restaurant Pasquet ». Vers 1910, dans un souci de modernisation et d’image, il rebaptise l’établissement en : « Hôtel de la Renaissance ». Pierre Pasquet n’était pas natif de Glénic. Il est né à Savennes le 7 juillet 1842, mais s’était marié le 17 juin 1869 avec Anne FAUVET, une fille du village. Le couple n’eut pas d’enfants. En 1908, déjà âgés et désireux de profiter d’une retraite bien méritée, Pierre et Anne firent construire une petite maison, juste à gauche de l’auberge et proche du viaduc, ce sera la quatrième construction au lieu dit: (le chêne vert), après la construction du restaurant du chêne vert et d'une petite bâtisse de l'autre coté de la route . Dix ans plus tard, en 1918, ils vendirent l’établissement à Jules MORET, un couvreur originaire de Châtelus-Malvaleix, né en 1886. Ce dernier s’installa sur place avec son épouse, Françoise CHANOINE, et leur fille Marthe née en 1915. Une deuxième fille Juliette naîtra à Glénic en 1919.
Pierre PASQUET s’éteindra à Glénic le 30 mars 1928, et son acte de décès portera la signature de Louis GRAVET. Son héritage fut confié à sa nièce, Gabrielle BASSET, qui en assura la gestion avec ses deux époux successifs, Auguste POIRIER, puis Lucien LHERITIER, jusqu’en 1954. Cette année-là, la petite maison construite en 1908 par le couple PASQUET fut vendue à Charles GIRY.
Quant à l’auberge, elle resta aux mains de la famille MORET jusqu’en 1928, date à laquelle Jules MORET la céda à son neveu, Jean CHANOINE, dit Octave, né en 1903 à Ladapeyre. Octave s’installa à Glénic en 1928, deux ans après son mariage avec Georgette Ferron. En plus de gérer l’auberge, il dirigeait également une entreprise de couverture. Très actif pour sa commune d’adoption, en 1947, un article de presse mentionne qu’Octave occupait la fonction de président du comité des fêtes de Glénic. Cette même année, sa fille Alice est élue Miss Glénic. Octave s’éteindra le 25 octobre 1965, son épouse vendra l’auberge en 1968 à Madame RODALLEC, perpétuant ainsi l’histoire de ce lieu emblématique.
Au cours des décennies, le bâtiment subit de nombreuses transformations, reflétant l’évolution des goûts, des besoins et des époques.
La construction de la maison fut achevée en 1869, le propriétaire était Jean Barbe, tailleur d’habits. Il restera dans sa maison jusqu’en 1900. (Montage photo avec l'IA)
Sept ans après sa construction, en 1876, Jean BARBE fera agrandir sa maison en lui accolant un bâtiment avec fenêtre qui sera agrandi quelques années plus tard.
Sur cette carte du viaduc de Glénic avec l'auberge repris par Pierre PASQUET, datée vers 1905, l'imprimerie photo typique de la Havane de Clermont a commis juste l'erreur d'annoté Guéret. Le bâtiment en bois au pied du viaduc servait au ouvrier, il sera démonté plus tard.
Sur ce cliché de 1922, au centre on trouve Pierre Pasquet et son épouse Anne FAUVET, Julie DERUYCK tenant une bouteille, à droite Françoise Chanoine, gérante de l’auberge et épicerie, Marthe MORET la plus grande des filles et Juliette la plus petite. La porte qui fut un moment à gauche du bâtiment, retrouvera sa place quelques années plus tard.
Vers 1910, dans un souci de modernisation et d’image, Pierre PASQUET rebaptise l’établissement en : « Hôtel de la Renaissance ». En arrière plan , on aperçoit la maison fraichement construite en 1908, ou il finira ses jours avec son épouse.
Photo de 1954, la voiture Renault 4cv appartenait à Octave Chanoine, gérant de l'auberge et couvreur. Sur ce cliché, on peut voir que le bâtiment a été agrandi sur sa droite, servant de logement au propriétaire, laissant le reste en hôtel. La construction au pied du viaduc quant à lui a été construit en 1938.
Restaurant le chêne vert
Ancien café restaurant le chêne vert en mars 2014 (photo BP)
Après la maison du tailleur Jean Barbe, puis la modeste demeure d’Antoine Parrain, futur logement de Louis GRAVET, le restaurant du Chêne Vert fut le troisième bâtiment à s’élever au lieu-dit du même nom.
Dernier représentant de la fratrie Barbe, Édouard Barbe, instituteur successivement à Ajain puis à Lépaud, prit en charge l’héritage familial. En 1903, à une époque où le paysage de Glénic se transformait profondément avec l’édification du viaduc, il fit construire une vaste bâtisse. Ce bâtiment, conçu à l’origine comme maison d’habitation, fut converti en auberge en 1912, inaugurant ainsi une nouvelle vocation pour le site
En 1918, l’édifice fut acquis par Auguste Bardon, né à Saint Fiel en 1883. Marié à Marie DALAUDIER à Jouillat, il arriva au Chêne Vert accompagné de leur fille Alice, née en 1907. Le couple s’enracina rapidement dans la commune, et une seconde fille, Marcelle, naquit sur place en 1920, au cœur même du Chêne Vert.
Le destin, cependant, fut cruel. Auguste Bardon ne profita que brièvement de sa famille et de son établissement mêlant restaurant et épicerie : il s’éteignit prématurément en 1925. Sa veuve, Marie DALAUDIER, reprit alors seule les rênes de l’affaire, elle devint rapidement une figure centrale de la vie glénicoise.
Situé à l’entrée du pont, face à la maison du photographe, le Chêne Vert n’était pas qu’un simple commerce. Il constituait un véritable lieu de sociabilité, où se déroulaient bals populaires, concours de danse et de nombreux rassemblements festifs qui rythmaient la vie du village. On y venait pour se nourrir, mais aussi pour se rencontrer, échanger, célébrer.
Marie DALAUDIER s’éteignit en 1960, à l’âge de 69 ans, laissant derrière elle bien plus qu’un établissement : un souvenir profondément ancré dans la mémoire collective de Glénic, indissociable de l’histoire du Chêne Vert et de la vie du bourg au XXᵉ siècle.
Hôtel restaurant BUGEAUD (le moulin neuf)
Ancien restaurant Bugeaud en 2025 (photo google)
Avec la construction de la ligne Guéret-La Châtre, Antoine Lauzanne, maçon de profession, fut amené à sacrifier une partie de son patrimoine pour le développement ferroviaire de la région. En effet, il dut céder la section cadastrale B466 à la compagnie ferroviaire, destinée à la construction de la gare ainsi que de ses annexes. Quelques années plus tard, vers 1905, il prit la décision de vendre également la section cadastrale B468, participant ainsi à la transformation de ce territoire et au progrès de son époque.
C'est sur ce terrain, au lieu-dit "Le Moulin Neuf", qu'Alexandre Bugeaud fit érigé un bâtiment qui allait devenir à la fois sa maison et son atelier de forge. Alexandre, un taillandier forgeron né en 1875 à Aulon, s'établit ici après avoir quitté Pionnat, accompagné de son épouse Marie Léonard, originaire de Vidaillat et née en 1877.
Ensemble, ils entreprirent de construire une nouvelle vie au Moulin Neuf, où ils s'installèrent avec leur fils René, né à Pionnat en 1903. Ce foyer accueillit bientôt d'autres membres de la famille : Raymond, né le 28 juillet 1906, et Suzanne, venue au monde le 30 décembre 1909. Ce lieu devint ainsi un symbole du travail, de l'artisanat et de la vie familiale pour les Bugeaud.
Depuis combien de temps ce bâtiment abritait une auberge, je ne saurais le dire avec précision. Cependant, sur un article de presse daté du 2 aout 1909, poursuivit pour délit de pêche, Alexandre était mentionné comme aubergiste en plus de sa profession de forgeron. Visionnaire , il entreprit en 1928 la construction des garages situés à proximité de l’hôtel, surmontés d’un toit terrasse, aujourd’hui connu sous le nom de "La Pergola", permettant à la clientèle de profiter de la vue en plein air.
Son fils Raymond débute sa carrière comme forgeron. En 1928, il avait épousé Madeleine AUBESLE, et deux ans plus tard, en 1930, leur fille Martine vit le jour, marquant le début d'une nouvelle génération. En 1932, Raymond reprend les rênes du restaurant familial, idéalement situé pour profiter pleinement de l’animation engendrée par les manifestations nautiques organisées sur la Creuse.
L’établissement, sous la direction de Raymond, devient rapidement un véritable lieu de rassemblement et de convivialité. Des bals populaires y sont fréquemment organisés sur le parquet salon, notamment lors des fêtes locales, attirant une foule enthousiaste et créant des souvenirs inoubliables pour les habitants et visiteurs.
Cette période voit également l’émergence de cartes postales anciennes de Glénic, publiées sous le nom "Éditions Bugeaud" et témoignant de l’effervescence et du charme historique de l’endroit. Raymond Bugeaud s’éteint à Guéret le 30 mai 1978. Son héritage perdure, témoignant de l’importante contribution de sa famille à la vie locale. En 1965 Irène DUFOUR racheta le bâtiment connu sous le nom de la pergola
Photos du restaurant après guerre avec une vue du ciel par l'éditeur LAPIE
Café Martin (le moulin neuf)
Ancien café Martin en février 2017 (photo BP)
Actuellement moins connu des Glénicois, le Café Martin se trouvait en face du moulin neuf, un site emblématique chargé d'histoire. Édifiée en 1896, cette maison se distingue par la sobriété maîtrisée de ses lignes et la robustesse de sa composition. Avec son volume rectangulaire élevé sur plusieurs niveaux, elle illustre une volonté d’enracinement durable dans le paysage local. Les murs enduits, agrémentés de pierres de taille extraites de la carrière de Villelot, soulignent avec élégance les angles et les ouvertures. À l’étage, une porte-fenêtre ornée d’un garde-corps en fer forgé ajoute une touche de confort tout en offrant une ouverture sur le cadre naturel environnant.
L’histoire de cette demeure commence avec Léonard REJAUD, né en 1844 à Glénic. Maçon en Seine-et-Marne, il conçoit cette maison dans l’espoir d’y accueillir son épouse et leurs quatre enfants, eux aussi nés en Seine-et-Marne, pour un éventuel retour en Creuse. Cependant, en 1910, il décide de vendre la propriété à Valentin MARTIN, originaire de Mazeirat et né en 1863. Valentin, marié depuis 1890 à Amélie Ribière, une fille de Glénic, choisit de s’établir dans la commune. L’histoire familiale d’Amélie révèle déjà des liens étroits avec le commerce local : son grand-père, Jean BOURLIAUD, était aubergiste au pont, et en 1891, il avait hébergé Valentin lors du recensement. Forte de cette tradition, Amélie, née en 1872, s’imprègne du milieu commercial et devient aubergiste au pont autour de 1900. En 1910, elle suit son époux Valentin pour ouvrir une nouvelle auberge face au moulin neuf.
Toujours en activité en 1921, la maison familiale traverse plusieurs époques et évolutions. Entre 1926 et 1931, le couple décide de quitter la demeure pour retourner au pont, une petite maison qu'il avait fait construire en 1894 sur la parcelle G53, maison qui n'existe plus actuellement, laissant ainsi la maison à leur fils Jean, un cultivateur. À cette période, il ne subsiste aucune trace de l’exploitation d’une auberge dans les lieux. Cependant une photo devant le bâtiment, d'un groupe de cycliste avec l'arrière d'une Peugeot 402, modèle produite entre 1935 et 1942, ce qui atteste que la maison hébergeait un café à cette période. en 1965, Alexis DUBREUIL, époux de Hélène Valentine MARTIN, fille de Jean, reprend en main l’héritage familial.
L'auberge Jean BOURLIAUD (le pont)
Réhaussé en 1882, ce bâtiment abritait l'auberge Jean BOURLIAUD. (photo google 2025)
Jean BOURLIAUD, cultivateur né à Glénic le 24 février 1825, a marqué son époque par sa vie entre travail agricole et gestion d'une auberge. Marié à Anne BRILLANT, sa cadette de deux ans, il fonda une famille avec la naissance de leur fille unique, Marie, en 1852.
En dépit des exigences de son métier de cultivateur, qui occupait la majeure partie de son temps, Jean trouvait encore l'énergie pour gérer une auberge située au pont de Glénic, à l'emplacement cadastral G9. Cette auberge, initialement modeste, fut reconstruite avec un étage en 1882, devenant ainsi un lieu plus accueillant et fonctionnel pour les voyageurs et les habitants du village.
Jean était déjà actif en tant qu’aubergiste en 1866. Mais après le décès de son épouse Anne en 1890, il dut adapter sa vie et cessa son activité autour de 1891. Lors du recensement de 1896, il figurait sous le titre de « rentier ». En 1901, il décida de vendre son auberge à Pierre ROBERT, clôturant ainsi une étape importante de sa vie.
Jean BOURLIAUD s’éteignit le 2 août 1906, laissant derrière lui l’histoire d’un homme travailleur, à la fois cultivateur ancré dans sa terre natale et aubergiste accueillant au pont de Glénic.
L'auberge de la famille ROBERT (le pont)
Le bâtiment en bout était l'auberge (photo google 2025)
Sur plusieurs générations, l'auberge a su traverser les époques, perdurant au fil des décennies. La famille ROBERT, solidement ancrée dans la commune depuis de nombreuses générations, y a laissé une empreinte indélébile. Parmi leurs ancêtres, on retrouve Claude ROBERT, notaire royal, décédé à Villely le 8 mai 1675. Cet illustre aïeul, ancêtre direct de nos aubergistes, a joué un rôle clé dans l'histoire locale et familiale.
Claude ROBERT a eu six enfants, dont deux devinrent prêtres, un autre suivit ses traces en tant que notaire royal, une fille et Louis, qui est devenu marchand et s’inscrit comme l’arrière-arrière-arrière-grand-père de Pierre ROBERT, premier aubergiste de la famille au Pont de Glénic.
Pierre ROBERT, né au Pont de Glénic le 24 mars 1784, est maréchal-ferrant, en 1809, il unit sa vie à celle de Marie MALARDIER, une jeune femme originaire de Bonnat, née en 1791. Leur union est bénie par la naissance de leur premier enfant en 1810. Par la suite, leur famille s'agrandira avec sept autres enfants, la dernière voyant le jour en 1829.
En 1848, après des années de dur labeur et de dévouement à leur famille, Pierre ROBERT et son épouse décident d'ouvrir une auberge dans leur maison familiale. Ce projet devient rapidement un lieu de convivialité et de rencontre dans leur village. L'auberge sera, dans les années qui suivent, reprise par leur fils Joseph, qui perpétuera l'esprit chaleureux et accueillant de ses parents. Quant à Marie MALARDIER elle décèdera 10 ans plus tard et pierre suivra en 1868.
Joseph, tout comme son père, exerce la profession de maréchal. Cinquième enfant de sa fratrie, il voit le jour le 21 avril 1820. En 1848, il unit sa vie à celle de Marie BRUNET, originaire d'Ajain, née en 1829. Leur union donnera naissance à cinq enfants, prolongeant ainsi leur lignée.
Suite au décès de sa mère en 1858, Joseph reprend les rênes de l'auberge familiale, un établissement au cœur de leur patrimoine. Lors de la succession, les bâtiments sont divisés entre les membres de la famille. Les parcelles cadastrales G10, G11 et G12 sont réparties : les deux dernières reviennent à Joseph, tandis que la parcelle G10 est attribuée à son frère aîné, Joseph Julien.
Malheureusement, Joseph ne profite pas longtemps de l'auberge. Il s'éteint en 1871, à l'âge de 51 ans, laissant son épouse Marie gérer l'établissement. Forte et déterminée, Marie poursuit son activité jusqu'en 1901, avant de s'éteindre en 1903. Leur fille Anne, née en 1860, prend alors les rênes de l'auberge, perpétuant l'engagement familial.
Lors de la construction de la ligne de chemin de fer, Anne fait la rencontre de Jean DELBOS, un ouvrier terrassier logé à l'auberge. Ils se marient en 1900 et Anne continue à gérer l'auberge, son époux à ses côtés, au moins jusqu'en 1907.
En 1927, l'établissement change de mains et est acquis par Émile LEPRAT. Pendant un court laps de temps, il abrite une boucherie avant d'être racheté en 1932 par Jean DUCLOSSON, un instituteur à la retraite, ajoutant ainsi une nouvelle page à l'histoire riche et mouvementée de ce lieu emblématique.
Pendant près de 60 ans, la famille ROBERT a été le cœur battant de la vie sociale à Glénic, grâce à l'auberge qu’ils tenaient fièrement. Ce lieu chaleureux, véritable point de rencontre pour les habitants, a marqué des décennies d’histoires partagées, de repas conviviaux et de moments inoubliables. Cependant, aujourd'hui, Glénic ne compte plus ni café ni auberge, laissant un vide dans le paysage local et une douce nostalgie pour ceux qui ont connu ces années animées.
Autres auberges éphémère au pont
Avec l'arrivée de la ligne ferroviaire reliant Guéret à La Châtre et les importants travaux d'ouvrages d'art réalisés sur la commune, Glénic a connu une véritable transformation. L'afflux de population, attirée par les opportunités offertes par ce chantier d'envergure, a également favorisé l'émergence d'auberges créées spécialement pour répondre aux besoins de cette période. C'est ainsi que plusieurs établissements éphémères ont vu le jour entre 1900 et 1906 pour accompagner ces mutations.
Entre 1901 et 1906, pas moins de six auberges étaient recensées dans les quartiers du Pont et du Chêne Vert, six en 1901 et autant en 1906. Certaines de ces auberges ont su perdurer au-delà des travaux, tandis que d'autres n'ont existé que le temps de cette effervescence.
Parmi les tenanciers de ces établissements, on peut citer :
- Valentin Martin et son épouse Amélie RIBIERE, petite-fille de Jean BOURLIAUD,
- Marie BRUNET, veuve de Joseph ROBERT
- Pierre ROBERT fils de Joseph et de Marie BRUNET
- Justin BUSSELET et son épouse Mélanie VACHON
- Gilberte PELLETIER,
- Pierre RIBIERE et son épouse Amélie BRUGEAS
- Pierre PASQUET et son épouse Anne FAUVET,
- Joseph COUTEAUD, entrepreneur de travaux public et son épouse Eugénie COURTEIX
- Jean DELBOS et son épouse Anne ROBERT
Ces figures locales témoignent de l'effervescence et de l'adaptation du village à une période marquée par le progrès et l'industrialisation. Les auberges, lieux de vie et de rencontres, ont joué un rôle central dans l'accueil des ouvriers et des voyageurs, contribuant ainsi à écrire une page importante de l'histoire de Glénic.
Les DESMOULINS, aubergistes de génération en génération (le bourg)
Vue du bourg (photo Chris BROOKES)
À Glénic, le nom de DESMOULINS (plus tard DESMOULIN) est longtemps resté associé à l’auberge. Bien plus qu’un simple établissement, elle fut pendant plus d’un siècle le cœur battant d’une lignée, transmise de père en fils, parfois au prix de vies brisées et d’un labeur incessant.
Le premier aubergiste que l’on puisse identifier avec certitude est Blaise DESMOULINS, né le 2 octobre 1756 à Chalembert. Lorsqu’il épouse, le 10 février 1778, Madeleine RENAUDET, fille du pays, il s’installe durablement au bourg. De leur union naissent six enfants, mais comme souvent au XVIIIᵉ siècle, tous ne survivent pas. L’aîné sera destiné à reprendre la maison et le métier.
L’auberge de Blaise se situe alors à l’emplacement de l’actuelle mairie. Les documents cadastraux décrivent un ensemble de bâtiments modestes mais fonctionnels, classés comme masures convenables. Les parcelles F26, F27 et F28 composent le cœur de l’exploitation : une chambre, une masure et, dans la plus vaste, l’auberge proprement dite. Blaise possède également une étable (F22), plusieurs jardins (F23 et F29), un grand courtillage (F30) et des terres hors du bourg. Aubergiste, il demeure avant tout un homme de la terre, cultivateur comme tant d’autres dans la commune.
En 1826, Blaise achète un bâtiment sur la parcelle F17 et déplace l'auberge sur celle ci, quand à son ancienne auberge, elle est partiellement détruite. Blaise conserve néanmoins la propriété des sols de l’ancienne auberge jusqu’à sa mort, survenue le 23 avril 1829, clôturant plus d’un demi-siècle de présence active au cœur du village.
Son fils aîné, François DESMOULINS, né le 14 novembre 1782, reprend naturellement le flambeau. Comme son père, il partage son temps entre la culture des terres et l’accueil des voyageurs. En 1810, il épouse Marguerite CACARD, avec laquelle il fonde une famille de six enfants. Là encore, la transmission se prépare de longue date, l’aîné étant destiné à succéder.
Le destin de François connaît une fin brutale. Un article de presse daté du 23 janvier 1857 relate l’accident qui lui coûte la vie :
« Dans la journée du 11, le nommé Desmoulins François, aubergiste à Glénic, est tombé d’un grenier sur le sol. La mort a été instantanée. ». Cette disparition soudaine laisse une famille endeuillée et une auberge sans maître.
C’est alors Jean DESMOULINS, fils aîné de François, né le 11 novembre 1814, qui assure la continuité. Marié en 1845 à Marie THEVENET, il aura deux enfants, Étienne né en 1848 et Marie née en 1854. Les registres cadastraux montrent que Jean est propriétaire de la parcelle F17, où se trouve l’auberge, mais aussi de F28, mentionnée comme demi-maison, puis ultérieurement comme étable. Comme ses prédécesseurs, Jean est cultivateur et propriétaire de plusieurs terrains sur la commune. Les recensements attestent qu’il exerce encore le métier d’aubergiste au moins jusqu’en 1876.
À l’heure du partage entre ses deux enfants, la transmission se fait avec précision. Marie conserve plusieurs parcelles situées au bourg, dont F26, F27, F28 et F29. Étienne, quant à lui, reçoit F17, cœur historique de l’auberge, ainsi que des étables, granges, courtillages et divers terrains. Lorsque Jean s’éteint en 1885, Étienne est déjà aux commandes.
Marié depuis 1872 à Jeanne RAPHANAUD, Étienne DESMOULINS tient l’auberge avec l’aide de son épouse et de sa mère. Père de deux enfants, il poursuit la tradition familiale, partagé entre culture des terres et débit de boisson. Il exploite l’auberge jusqu’en 1891, avant que sa femme Jeanne ne se tourne vers une autre activité : l’ouverture d’une épicerie, mentionnée dans les recensements de 1896 à 1906.
Dans le même temps, la tradition se prolonge par une autre branche de la famille. Marie DESMOULINS, sœur d’Étienne, épouse en 1872 François SUDRON. Sur la parcelle F28, ancienne masure devenue étable, elle fait renaître un bâtiment délaissé. Après travaux, l’édifice devient une auberge à part entière, attestée en activité dès 1896 et toujours mentionnée comme telle en 1931.
En 1926, Étienne DESMOULINS acquiert une nouvelle maison, située sur la parcelle F19, aujourd’hui connue comme la maison de la famille RIMOUR. Il a alors deux enfants : Jeanne, née en 1874, et Jean-François, né en 1879. Ce dernier reprendra l’épicerie familiale et deviendra cabaretier, prolongeant ainsi la vocation familiale et incarnant la cinquième génération d’aubergistes.
Lorsque Étienne DESMOULINS meurt le 19 octobre 1926, c’est toute une page de l’histoire du bourg qui se referme. Derrière lui demeure un héritage fait de pierres, de parcelles cadastrales, mais surtout d’un métier transmis, génération après génération, au cœur de la vie quotidienne de Glénic.
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