Les grands chantiers 

Au fil des années, plusieurs grands chantiers ont contribué à transformer et moderniser la commune de Glénic. Qu'il s'agisse de la construction de l'école, de l'édification d'un barrage, de l'installation d'un viaduc ou d'autres projets d'envergure, ces initiatives ont profondément marqué le paysage local. En améliorant les infrastructures et les services, ces travaux ont non seulement renforcé la fonctionnalité et l'accessibilité de la commune, mais ont également enrichi la vie quotidienne des habitants. 

L'école

Le barrage de Bonnavaud 

Le viaduc

L'école de Glénic : Un pilier de notre histoire

Découvrez l'histoire fascinante de l'école de Glénic, un projet unique en son genre. Plongez au cœur de sa construction, de ses anecdotes marquantes et de son importance pour notre communauté. Un voyage dans le temps vous attend !

 

Jusqu’en 1832, les enfants suivaient les cours d’instituteurs privés.

Le premier instituteur public, René LAMBERT, né le 3 mai 1810 à Glénic, dans le village de Vaumoins , fréquenta l’École Normale de GUERET. Il obtint le certificat d’enseignement du 2e degré. Après avoir enseigné pendant un an comme instituteur privé, il devint, à seulement 22 ans, le premier instituteur public,  nommé dans sa localité le 27 septembre 1832. Un an plus tard, en 1833, il unit sa vie à Marie CHAMBON, avec laquelle il fondera une famille de quatre enfants, tout en poursuivant son engagement envers l’éducation.

Pour exercer son métier d’enseignant, René LAMBERT sollicite une résidence dans la commune, une requête qui sera favorablement accueillie par le Sieur BOIRON. Il est ainsi logé au presbytère, un lieu qui servira également de salle de classe. Sa contribution ne s’arrête pas là. Le 2 mai 1841, sur proposition de Mr le maire THOMASSON, il est nommé secrétaire de mairie, un poste qu'il acceptera pour une rémunération de 40 francs par an, jusqu'en 1871.

Lors de la réunion du conseil municipal du 9 mai 1847, le maire a souligné une préoccupation majeure : le local occupé par l’instituteur LAMBERT n’était pas considéré comme stable. Ce dernier, n’appartenant pas à la commune, n’était qu’une solution temporaire. Le conseil se trouvait alors face à une obligation : acheter un bâtiment ou en faire construire un avant l’année 1850, et ce, aux frais de la commune.

Malgré cette résolution, ce n’est qu’après plus de deux ans, le 9 octobre 1849, que le conseil municipal, réuni au complet, a unanimement convenu de la nécessité de posséder une maison école propre à la commune. Pour avancer concrètement, ils ont fait appel à un expert qualifié pour examiner la faisabilité d’un achat ou d’une construction. Un avant-projet pour le bâtiment avait déjà été préparé l’année précédente, en 1848, par l’architecte Mr FABRE.

Néanmoins, le temps passe, et le 11 novembre 1860, la commune se retrouve toujours sans école. Les cours, destinés aux garçons, ce tiennent provisoirement dans un bâtiment appartenant à Monsieur GUYONNET. Confrontée à des contraintes budgétaires, elle lance alors un appel aux détenteurs de biens communaux pour savoir s’ils seraient disposés à acquérir certaines parcelles, dans l’espoir de réunir les fonds nécessaires à la construction tant attendue.

Le 9 mai 1861, le conseil municipal a pris une décision importante concernant Mme FARME, institutrice privée. Bien qu'il ait été jugé trop onéreux pour la commune de la nommer institutrice communale, une indemnité de logement de 25 francs lui a tout de même été accordée. Cependant, le 1er octobre de la même année, Mme FARME a exprimé son intention d'ouvrir une école primaire. Cette initiative a conduit le préfet à donner un avis favorable pour la création d’une école spéciale pour filles. Conscient de l’urgence d’offrir une instruction aussi bien aux jeunes filles qu’aux garçons, et reconnaissant les qualités de Mme FARME, le conseil a finalement décidé de la nommer institutrice communale laïque. Une somme de 50 francs par an lui a alors été allouée comme indemnité de logement.

Quelques années plus tard, le 14 août 1864, le conseil a voté la construction d’une maison école destinée à accueillir des élèves des deux sexes. Le coût total du projet, comprenant les plans, devis et mobilier personnel des enseignants, s’élevait à 21 200 francs. Face aux ressources limitées de la commune, il a été envisagé de financer ce projet par un impôt extraordinaire ou par la vente de biens communaux. Bien que l’impôt ait semblé être une solution plus rationnelle, il aurait fallu 14 ans pour en amortir les coûts, rendant ainsi la construction irréalisable dans des délais raisonnables.

Le 21 mai 1871, le préfet adresse un courrier au conseil municipal pour engager une délibération en vue de la construction d’une école, projet datant de 1863 avec des plans et devis estimés à 20 000 francs. Cependant, le conseil, à court de fonds et face à une situation politique instable, considère le devis initial trop onéreux. Ils décident alors de réaliser eux-mêmes le devis et de gérer la construction selon leurs propres moyens, sans solliciter l’aide de l’État. Pendant ce temps, M. René LAMBERT, qui n’aura pas l’occasion de profiter de cette nouvelle école, a pris sa retraite en 1871. Il a été remplacé à ce poste par M. Charles COTTON.

Deux ans plus tard, en avril 1873, Jean THOMASSON, maire de Glénic, relance le projet en invitant le conseil municipal à se prononcer définitivement. Deux emplacements sont proposés : un terrain communal près de l’église sur la falaise, appelé « la côte », et un plateau communal proche du cimetière. Après discussions, le conseil vote à 8 voix contre 4 en faveur du second emplacement, à 220 mètres du chef-lieu, offrant une meilleure accessibilité à l’eau et suffisamment d’espace pour un jardin, une cour et d’autres dépendances.

Sur la question du bâtiment à construire, le débat divise une fois de plus : certains conseillers optent pour une seule maison destinée aux garçons afin de limiter les dépenses, tandis que d'autres soutiennent la construction de deux maisons, une pour chaque sexe. Finalement, le conseil adopte la construction d’un seul bâtiment abritant deux sections distinctes, avec une priorité accordée à la disponibilité d’eau sur place.

Le 18 mai 1873, après inspection de l’emplacement par un inspecteur primaire, le projet près du cimetière, à 20 mètres de la fontaine « des chèvres », est validé. Le conseil municipal approuve cette décision à l’unanimité et choisit un architecte, M. MASBRENIER, pour réaliser les plans et devis.

Le 7 septembre 1873, les plans et devis sont examinés et approuvés par le conseil, à condition que des équipements supplémentaires  comme un four, une buanderie, un hangar, des préaux et un puits soient inclus. Le conseil demande également que les tuiles utilisées pour la construction proviennent exclusivement de l’usine du Mondoueix.

Pour financer les 15 000 francs nécessaires, le préfet propose trois solutions : vendre des terrains communaux, contracter un emprunt accompagné d’une imposition extraordinaire, ou demander à chaque section de contribuer financièrement. Le conseil opte pour la dernière solution, permettant de répartir équitablement les coûts.

Malgré ces avancées, l’école n’est pas encore construite. En parallèle, l’institutrice actuelle, Mlle Brunet, fait face à des conditions d’enseignement difficiles, avec une classe de 80 enfants. Elle demande la création d’un poste d’institutrice adjointe, à financer par l’État, étant donné l’insuffisance des fonds communaux. Le conseil soutient cette demande après délibération.

Le 7 novembre 1875, le préfet invite la commune à fixer une date pour le recouvrement de la première annuité de l’imposition extraordinaire, prévue à partir de l’année 1876. Cependant, la commune rencontre des difficultés pour rassembler les fonds nécessaires à la construction de l’école.

Le 19 avril 1876, le projet initial est abandonné. La commune désigne alors les immeubles des époux CHIBORD, déjà partiellement acquis lors d’une vente judiciaire, comme le futur emplacement de l’école. Le prix d’achat est fixé à 9 000 francs. Ces bâtiments, après des réparations nécessaires, devraient permettre la création de deux maisons d’école. Avant la vente, l’architecte et l’inspecteur doivent vérifier l’état des bâtiments.

Le 12 novembre 1876, le conseil municipal approuve les nouveaux plans de l’architecte pour les bâtiments des époux CHIBORD, considérant l’emplacement comme le seul approprié. Une promesse de vente est signée le 6 février 1877, officialisant l’acquisition.

Pour financer les travaux évalués à 28 323 francs, le maire demande l’avis du conseil sur la vente de biens communaux. Le 10 février 1878, le maire Claude GANIVOT explique avoir sollicité toutes les sections de la commune pour rassembler les fonds nécessaires à l’achat des bâtiments destinés à l’école. Les chefs de ménage de chaque section seront consultés.

Malheureusement, René LAMBERT, ancien instituteur ayant contribué aux prémices du projet en 1847, ne verra pas l’achèvement de l’école. Il décède le 26 octobre 1878 à l’âge de 68 ans.

Le 17 novembre 1878, le cahier des charges est approuvé. Le maire GANIVOT, accompagné de MM. BONNICHON et PARRAIN, est désigné pour superviser les travaux. En cas de malfaçon, ces délégués peuvent suspendre les travaux, même contre l’avis de l’architecte.

Les travaux, initialement prévus pour s’achever le 2 février 1880, prennent du retard. L’entrepreneur RAPHANAUD, responsable des travaux, ne respecte pas les délais. La commune doit prolonger l’utilisation des anciens bâtiments en tant qu’école, entraînant des frais supplémentaires. Le conseil municipal décide de faire supporter ces frais à l’entrepreneur à partir du 2 février 1880. Au 16 mai 1880, il est acté que M. RAPHANAUD devra payer le loyer des bâtiments jusqu’à la fin des travaux.

Après 33 ans d’efforts, les travaux sont enfin terminés en juillet 1880. Des réparations sont nécessaires dans l’immeuble de M. GUYONNET, utilisé pour l’école des garçons. Une somme de 50 francs est évaluée et sera versée à M. GUYONNET, qui réalisera lui-même les réparations.

Le 11 novembre 1880, une décision importante est prise concernant les bâtiments publics de la commune. Afin de protéger l'école, le presbytère et l'église contre les risques d'incendie, il est convenu d'assurer ces bâtiments. Le montant maximum de l'estimation des biens pouvant être détruits par le feu est fixé à 2400 francs.

Quelques jours plus tard, le 25 novembre 1880, Monsieur le Maire Claude GANIVOT présente devant le conseil municipal un compte provisoire des travaux réalisés pour les services scolaires. Ces travaux s'élèvent à la somme considérable de 25 152,81 francs. En outre, l'acquisition des immeubles nécessaires atteint 20 000 francs, ce qui porte les dépenses totales à 45 152,81 francs.

Cependant, la commune n'a reçu qu'une aide de 5 000 francs de la part de l'État, une somme jugée insuffisante au vu des sacrifices importants consentis par la municipalité pour améliorer les infrastructures scolaires. Monsieur le Maire souligne que la commune dispose déjà d'un budget de 1 000 francs destiné au mobilier scolaire, mais qu'une aide supplémentaire de l'État est nécessaire. Il propose donc de formuler une demande officielle pour obtenir un nouveau secours de 5 000 francs, en plus de

 1 000 francs supplémentaires pour assurer l'entièreté du mobilier scolaire.

Enfin, la question de la fréquentation scolaire est abordée. Entre novembre 1880 et mars 1881, la liste de présence établie par l'instituteur montre une fréquentation moyenne de 86 garçons et 80 filles. Face à cette affluence, le conseil municipal juge indispensable la création permanente d'un poste d'instituteur adjoint pour les garçons et d'une institutrice adjointe pour les filles, afin de garantir un encadrement adéquat et de qualité pour les élèves.

En 1884, de nouveaux travaux sont entrepris afin d'améliorer les infrastructures des écoles. Les cours de récréation des deux établissements, destinées aux filles et aux garçons, nécessitent un cailloutage complet sur toute leur étendue, y compris sous les préaux couverts. Le 17 août 1884, un devis est établi pour ces travaux, s'élevant à 682,50 francs.

 Le 5 juin 1894, le maire a fait état de la situation préoccupante des bâtiments scolaires et de la mairie. Ces bâtiments, qui servent à la fois de logement pour le personnel enseignant et de lieux de tenue des classes, sont dans un état de dégradation avancée. Les toitures sont mauvaises et percées, les portes et fenêtres sont en mauvais état, certaines étant même en lambeaux, et de nombreux carreaux sont cassés. Les classes, quant à elles, n’ont pas été blanchies depuis de longues années, et aucune réparation n’a été entreprise depuis que ces bâtiments sont devenus la propriété de la commune.

Face à cette situation critique, le maire souligne la nécessité d’entreprendre des réparations urgentes afin d’éviter des dépenses encore plus importantes à l’avenir, voire des accidents. Un devis estimatif a été dressé pour chiffrer le coût des travaux nécessaires, s’élevant à 1000 francs, un montant qui sera approuvé pour permettre la réalisation de ces réparations indispensables.

A la suite de l’incendie qui a éclaté à Glénic dans la nuit du 6 au 7 septembre 1895, un procès-verbal d’expertise a été dressé par Monsieur LAGOUTTE, expert à Guéret. Ce rapport décrit les dommages occasionnés au bâtiment scolaire de la commune. La compagnie d’assurance « la France » a pris l’engagement de verser la somme de 354 francs pour couvrir les réparations nécessaires. En outre, une indemnité supplémentaire de 25 francs a été allouée afin de récompenser les efforts des pompiers ayant participé aux opérations de secours.

En juillet 1899, l’école de Glénic fait face à une situation alarmante : le maire lit une lettre du préfet annonçant la suppression d’une classe à l’école des filles, conformément à la loi des finances de 1899. L’article 3 de cette loi stipule que le conseil départemental de l’instruction publique peut, avec l’accord du ministère et malgré l’opposition des conseils municipaux, supprimer un poste d’instituteur ou d’institutrice dans les écoles ayant deux classes mais accueillant moins de 50 élèves. Malheureusement, l’école des filles de Glénic, avec un effectif officiel de 44 élèves, est concernée.

Cependant, après consultation des registres d'inscriptions, il est apparu que ce chiffre est inexact. En réalité, l’école a maintenu une moyenne de 46,5 élèves tout au long de l’année, avec un effectif actuel de 48 élèves et des prévisions de 56 inscriptions pour l’année 1899-1900. De plus, le développement imminent du chemin de fer entre Guéret et La Châtre, ainsi que l'amélioration des routes locales, devrait entraîner une augmentation de la population scolaire dans les années à venir. Ces évolutions vont renforcer la nécessité de conserver deux classes pour accueillir les élèves supplémentaires.

La commune de Glénic a également consenti un effort financier considérable, avec une dépense de 52 000 francs pour la construction de locaux scolaires modernes, un investissement non encore amorti. Les habitants considèrent donc comme injustifiable la proposition de supprimer une classe dans ces locaux construits à peine vingt ans auparavant sous l’impulsion des autorités supérieures.

Il est également souligné que la fréquentation scolaire à Glénic, comme dans d’autres communes de France, souffre de l’application incomplète de la loi du 26 mars 1882 rendant l’instruction obligatoire. Si cette loi était pleinement respectée, les effectifs scolaires seraient bien meilleurs. Par ailleurs, l'abandon prématuré de l’école par des enfants d’âge scolaire, sans obtention du certificat d’études élémentaires, contribue à une baisse artificielle des chiffres d’inscription.

Enfin, le conseil municipal de Glénic insiste sur le fait qu’il est peu conforme aux idéaux républicains et laïques de réduire les postes d’enseignants dans les écoles publiques, particulièrement dans un contexte où les écoles congrégationnistes se développent rapidement. À l’unanimité, les membres présents s’opposent fermement à la suppression envisagée d’une classe à l’école des filles et expriment le souhait de voir la loi scolaire sur l’obligation appliquée avec autant de rigueur que la loi militaire.

Avec l'arrivée de l'électrification dans les rues de Glénic, le 7 novembre 1909 marque une date importante pour la commune. Ce jour-là, les instituteurs de Glénic ont officiellement déposé une demande pour l’installation de six lampes électriques dans la maison d’école, reflétant leur volonté de s’adapter aux progrès techniques et d’améliorer les conditions de vie et d’enseignement. Cette initiative était directement liée aux travaux d’éclairage entrepris au bourg et au pont. Lors du vote du conseil, il a été décidé que trois lampes seraient attribuées à l’instituteur adjoint et trois autres à l’instituteur titulaire, symbolisant un pas en avant vers la modernité pour cette petite communauté.

À partir de 1919, des changements notables marquent la vie scolaire locale. Monsieur le maire informe que Monsieur PORTE, instituteur adjoint, a disparu au combat depuis le 16 mai 1917. En son absence, les quatre classes ont été réorganisées en trois, et une jeune institutrice adjointe a été affectée en octobre sans opposition formelle. Toutefois, en raison du faible effectif de 93 élèves, l’enseignement en trois classes s’avère suffisant. Bien que cette organisation ait été satisfaisante jusqu’à la rentrée de 1934, un décret-loi en juin de la même année entraine la suppression d’une classe. Avec un effectif réduit à 88 élèves répartis entre deux enseignants, les résultats scolaires deviennent moins probants.

Le 22 septembre 1935, Monsieur DAUDON, instituteur, demande l’autorisation de construire un garage à ses frais, adjacent à l’école des garçons, prévoyant une allée d’accès suffisante. Le conseil municipal approuve sa requête.

Lors de la réunion du 12 août 1945, la création d’une cantine scolaire devient un sujet prioritaire. La commune de Glénic, comprenant 24 villages, rencontre des difficultés dues à sa situation géographique. Les enfants doivent souvent porter leurs repas et manger froid. Le conseil suggère de transformer une salle de classe inoccupée en cantine. Selon les devis présentés, les travaux, incluant parquet, cloisons, et équipements de cuisine, s’élèvent à 120 000 francs. La commune prévoit de financer ce projet par emprunt et demande une subvention étatique. Par ailleurs, il est requis que l’eau potable soit amenée dans les écoles.

En 1958, des travaux importants sont programmés pour le groupe scolaire. Cependant, la commune stipule que Monsieur CHANOINE Octave, couvreur, doit d’abord réparer à ses frais la toiture de l’école qu’il avait réalisée en 1952 et dont les tuiles sont abîmées par le gel.

Le 31 octobre 1965, les parents d’élèves demandent l’aménagement d’une garderie pour les écoliers après les cours. Cette initiative vise à permettre aux enfants d’attendre confortablement le car scolaire qui arrive à 17h30. Le conseil accepte cette demande, conditionnant l’ouverture de la garderie à une rétribution appropriée versée aux instituteurs.

Le 18 avril 1971, l’inspecteur académique propose la fermeture d’une classe pour la rentrée scolaire. Cette décision, fondée sur les recommandations du conseil départemental de l’enseignement primaire, est en attente de l’approbation finale du ministre de l’Éducation nationale.

Après plus de 140 ans d’existence, l’école de Glénic reste toujours active, toujours debout, toujours vivante. Aujourd’hui, elle accueille les enfants du RPI (Regroupement Pédagogique Intercommunal), un dispositif qui a permis de préserver les deux écoles des villages de Glénic et de Jouillat. À Glénic, ce sont les élèves de maternelle qui sont pris en charge, avant de rejoindre Jouillat pour le reste de leur scolarité primaire. Bien que l'école ne dispose que d'une seule classe, l'histoire de ses bâtiments témoigne de son rôle central dans la vie de la commune.

Le deuxième bâtiment de l’école, autrefois dédié aux classes des filles, a connu plusieurs transformations au fil des ans. D’abord cantine scolaire, il a ensuite été réaménagé en salle polyvalente. En 2023, il entame un nouveau chapitre en devenant une Maison d’Assistance Maternelle (MAM), confirmant ainsi son rôle essentiel au service de la communauté.

Le chemin pour doter Glénic de son école n’a pas été simple. Ce projet a vu le jour après bien des années d’efforts et de persévérance. Aujourd’hui, en regardant son histoire riche de plus d’un siècle, on peut espérer qu’elle continuera de prospérer et de servir les générations futures avec autant de résilience. Peut-être aurait-elle mérité de porter le nom de René Lambert, un ancien instituteur qui s’est dévoué à l’éducation dans cette région et qui, bien qu’il n’ait pas vu cette école aboutir, a largement contribué à son esprit et à sa mission.

Le barrage de Bonnavaud

  Un Voyage à Travers l'Histoire de l'Électricité en Creuse

La production d’électricité à Guéret débuta en 1894, il y a donc 130 ans. Cet événement marqua un moment clé dans l’histoire de la préfecture de la Creuse, qui devint alors la seconde ville du département à profiter des bienfaits de la « Fée Électricité ». Pour rappel, Bourganeuf avait été la première, et même la troisième ville au niveau national, alimentée en électricité dès le 9 mai 1886, grâce à une centrale construite sur le ruisseau du Verger.

L'année 1894 fut marquante pour les Guérétois : c’est à cette époque qu’ils virent l’allumeur de réverbères, muni de sa longue perche, effectuer sa dernière tournée. En contrepartie, les premières ampoules électriques illuminèrent la nuit, marquant ainsi un tournant vers la modernité. Cependant, la production d’électricité, assurée à l’époque par l’usine thermique située avenue de Laure, devint rapidement insuffisante face à la demande croissante. Cela conduisit la Société Électrique de Guéret à entreprendre la construction d’un barrage et d’une usine sur la rivière Creuse, à « Bonnavaud », dans la commune de Glénic.

En novembre 1900, une demande officielle de concession et d'autorisation a été déposée auprès du bureau d'étude de l'Ingénieur en Chef des Ponts et Chaussées. Cette demande concernait la construction, sur la rivière Creuse, d'un barrage en maçonnerie d'une hauteur de 8 mètres.

Ce projet prévoit d’exploiter la chute d'eau ainsi créée afin de produire une énergie électrique suffisante pour alimenter les établissements industriels et commerciaux qui pourraient voir le jour dans les localités de Guéret et de Glénic. Cette source d’énergie offrirait une solution durable et fiable, assurant force et lumière disponibles nuit et jour pour les habitants et les activités locales.

En outre, le projet inclut l’aménagement d’un passage de 3 mètres de large sur le barrage, facilitant la communication directe entre les communes d’Anzême et de Glénic. Des chemins latéraux le long de la rivière seraient également construits pour permettre l’accès et le déplacement autour de la retenue d’eau. 

En mai 1901, avant même l'adjudication des travaux, la Société Électrique de Guéret a marqué un tournant décisif. Dans une démarche visionnaire, elle a publié un avis important destiné aux industriels, intitulé ainsi: Par l’utilisation d’une chute d’eau sur la Creuse, la Société électrique de Guéret offre à MM. les industriels la force motrice à des prix de bon marché exceptionnel.
Le prix peu élevé de la main-d’œuvre du pays, la facilité de trouver des terrains permettant un raccordement aux gares de la Cie d’Orléans se complèteront par le bas prix de l’énergie, et peuvent permettre d’utiliser avantageusement les ressources locales pour industrie, minoterie, féculerie, papeterie, filature, tannerie, etc.

Sur un article du 6 juillet 1901, la société anonyme électrique de Guéret, se propose de donner prochainement en adjudication, ses travaux de barrage, chemins, bâtiment d'usine et autres sur la rivière la Creuse, à Bonnavaud, près Glénic, pour transporter de l'énergie électrique à Guéret. Les entrepreneurs qui désirent concourir pourront prendre connaissance du cahier des charges et autres pièces du projet, au siège de la société, avenue Laure.

Quatre mois après le début des travaux, l'usine en construction sur la rivière à Glénic prenait forme à un rythme soutenu. Destinée à acheminer la force motrice jusqu'à Guéret. Déjà, le barrage avait été établi, marquant une étape cruciale dans le projet. Dans quelques mois seulement, la lumière électrique commencera à illuminer la ville grâce à cette usine innovante.

Un câble souterrain à moyenne tension, véritable prouesse pour l'époque, fut installé pour transporter l'énergie produite jusqu'à la sous-station de Guéret, située à une douzaine de kilomètres. Cette sous-station jouait un rôle essentiel en alimentant les lignes de distribution dans toute la ville. Toutefois, face à l'augmentation constante de la consommation d'énergie, un réseau aérien de 10.000 volts fut mis en place quelques années plus tard, permettant de répondre efficacement aux besoins croissants des habitants.

Rapport de M. Joly de Sailly Inspecteur à Limoges le 29 novembre 1902

Le barrage est représenté par quatre vues ci jointes, prises les 6 et 28 juin 1902, la 1er est une vue d'amont prise de la rive gauche en basses eaux les vannes de fonds ayant été ouvertes en plein pour permettre de travailler aux fondations de l’usine et aux chambres des turbines. Les trois autres sont des vues d'aval, savoir le n°2 , la partie nord du barrage partant des enrochements de la rive droite, le n°3,  la partie centrale de l'extrémité sud se reliant aux enrochements de la rive gauche et au bief de l’usine.

Le n°4, cette même extrémité encombré des déblais  provenant des fouilles pour la canal de l'usine. Celle-ci qui sortait à peine de terre n’est pas visible dans le champ de cette dernière vue.

Ce barrage consiste en une digue en maçonnerie de 48,50 m de longueur prolongée d’environ 18 m par les enrochements dans les escarpements des deux rives, soit une largeur totale de crête de 65 à 66 m. La prise d’eau est à 1 100 m de ces ouvrages. la hauteur du couronnement du barrage est à 8,48 au-dessus de l'étiage, lequel est à la cote 290m.

Il s'élève du niveau d'étiage par une épaisseur de 9,80 m, réduite à 2 m à la crête suivant un profil absolument vertical à l’amont et à fruit irrégulier à l’aval. Toute la partie amont le couronnement et la paroi de dévers aval  jusqu’à la cote 293,18 cm sont en moellons têtués, au dessus de cette côte, en mosaïque de moellons parés. 
Cette mosaïque doit être protégée par un enrochement en pierres de 2,40m de largeur à l’étiage et de 2 m à la cote supérieure.

Les lignes principales du barrage étant ainsi définies, la question du passage pour les espèces migratrices, au cas particulier le saumon, qui jusqu'ici remontait la Creuse jusqu'au dessus de Felletin pour frayer, se pose d'une manière toute actuelle et absolument urgente.

Les plans du projet approuvé et en cours d'exécution, dont les parties essentielle, ont été donnés par l'entrepreneur G. DUMAS à Limoges, comportent à ce point de vu un passage, dont nous donnons ci joint, le profil en long, le plan et cinq coupes.

Sur le rapport établi par Mr Joly De Sailly, il est stipulé que le passage, improprement désigné comme une "échelle", consiste essentiellement en un plan incliné de 34 mètres de projection horizontale, avec une largeur prévue de 0,50 mètre. Cependant, ces caractéristiques rendent le passage  absolument inefficace et inadapté à l’usage auquel il est destiné.

En effet, il est incontestable que des saumons adultes, mesurant en moyenne 80 cm de longueur et 20 cm de largeur, ne s’engageraient jamais dans un canal aussi étroit. La vitesse de l’eau dans un tel dispositif atteindrait théoriquement 12,50 m/s, ce qui est largement excessif. Selon des données expérimentales validées par Mr Lavollée, une vitesse maximale de 4 m/s est le seuil que les saumons peuvent surmonter dans un courant. Il est donc évident qu’un canal de seulement 0,50 mètre de largeur serait totalement inadapté pour permettre la remontée des saumons.

Compte tenu de ces constatations, il est nécessaire d’écarter certaines solutions inappropriées, comme le système "caméré" dont la hauteur est limitée à seulement 3,75 mètres. La meilleure option consiste à opter pour un passage à chutes fractionnées, qui s’avère bien plus adapté dans cette situation.

En tirant parti de la disposition naturelle des lieux, il est envisageable de commencer par un passage d’une largeur de 1,60 mètre au niveau de la crête du barrage. Cette largeur pourrait ensuite être augmentée progressivement, chute après chute, pour atteindre une ouverture de 4 mètres. Ainsi, un tel aménagement offrirait aux saumons une voie adaptée, en leur proposant initialement une largeur suffisante pour ne pas les dissuader, tout en garantissant une remontée efficace. 

Vue imprenable sur le barrage et son échelle à poissons

Après la construction d'une échelle à poissons et d'une passerelle en bois reliant les habitants de Glénic à Chignaroche, Anzême et vice-versa, l'usine hydraulique de Bonnavaud jouait un rôle essentiel. Dès 1902, cette infrastructure alimentait déjà la ville de Guéret en électricité. Cependant, le samedi 7 février 1903, un événement survint : un accident à l’usine hydraulique, avec des dynamos brûlées et mises hors service. Cet incident plongea Guéret dans une obscurité totale, obligeant les habitants à recourir à des moyens alternatifs tels que le gaz ou le pétrole.

Cette coupure d’électricité, à l’époque essentielle pour les commerces et le quotidien des habitants, causa de nombreux désagréments. Les interruptions fréquentes mettaient en lumière l’urgence de renforcer les infrastructures électriques de la ville. L’usine à vapeur de Guéret fut heureusement remise en marche rapidement, permettant de rétablir l’éclairage électrique pour les particuliers dès le dimanche soir. Cependant, les rues restèrent plongées dans l’obscurité pendant plusieurs nuits. 

La passerelle en bois sera remplacé en 1932 par une passerelle métallique qui sera emporté par la fameuse crue de 1960, une troisième passerelle en bois sera construit jusqu'à sa submersion par les nouveaux barrages.

Après la Première Guerre mondiale, la Société Électrique de Guéret décida de doubler la puissance de la centrale hydro-électrique de « Bonnavaud ». En 1932, elle élargit son réseau de distribution pour desservir 52 communes du canton de Guéret. À cette époque, les réseaux haute, moyenne et basse tension totalisaient une longueur impressionnante de 1.150 kilomètres, témoignant du développement continu de l’électricité dans la région.

A Glénic, les travaux de l'éclairage du pont et du bourg commencèrent en octobre 1909, le 7 novembre 1909, les instituteurs de Glénic sollicitent l’installation de six lampes électrique dans la maison d’école pour donner suite aux travaux. Le conseil vote pour trois lampe chez l’instituteur adjoint et trois autre poste pour l’installation chez l’instituteur titulaire.

En 1910, la Direction Générale des Eaux et Forêts a sollicité un rapport sur l'état et le fonctionnement de l'échelle à poissons du barrage de Bonnavaud. Cette demande faisait suite à des observations concernant la diminution des populations de saumons dans la Creuse. Déjà en 1903, le saumon était décrit comme "peu abondant", s'arrêtant principalement à Bonnavaud, bien que certaines sources historiques évoquent une présence autrefois régulière de cette espèce dans la région.

À cette époque, il était constaté qu'aucun saumon n'atteignait plus le pied du barrage. L'opinion publique attribuait cette situation à la construction de nouveaux barrages en aval, notamment celui d'Argenton, qui ne disposait pas d'échelle à poissons. Ce constat s'étendait également à l'ensemble du département, où aucune échelle n'était en état de fonctionnement. L'échelle de Glénic, notamment, était partiellement détruite.

Ce constat est cependant nuancé par un rapport ultérieur, daté de février 1926, qui souligne l'efficacité de l'échelle à poissons de Bonnavaud. Selon ce rapport, cette infrastructure permettait au saumon et à la truite de franchir l'obstacle sans difficulté. Toutefois, il est essentiel de rappeler que la fonction principale du barrage de Bonnavaud était de fournir de l’électricité, un enjeu crucial pour une France en pleine modernisation industrielle.

En 1927, seulement 14 % de la population française étaient abonnés à un réseau électrique. Ce chiffre, bien que modeste, allait connaître une croissance fulgurante au cours des décennies suivantes. L’essor des appareils électroménagers, symboles de modernité et de progrès, a joué un rôle crucial dans cette évolution. 

Le barrage de Bonnavaud a cessé son activité le 17 mai 1968, marquant la fin d'une ère. Cette fermeture est survenue dans le contexte de la construction du barrage de Champsanglard, mis en eau en 1985. Ce dernier, faisant partie des trois barrages emblématiques du Pays des Trois Lacs dans les années 1980, a entraîné la submersion de l'ancien barrage de Bonnavaud, désormais noyé sous les eaux. Bien que partiellement détruit, le site conserve encore quelques vestiges visibles qui témoignent de son emplacement et de son histoire.

                                                    L'emplacement du barrage de Bonnavaud en juin 2011(photo BP)

Le viaduc

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